Le procédé Calotype

              Procédé présenté par Eric Burtscher, Président  fondateur de l'Association de Photographes Néocalotypistes

LE PROCÉDÉ CALOTYPE

DE W.H.F. TALBOT

Introduction

William Henri Fox Talbot, mathématicien, philologue est l'inventeur du procédé de reproduction négatif-positif : le calotype qui permet à partir d'un cliché de tirer plusieurs négatifs. C'est à dire de la photographie telle qu'elle est pratiquée de nos jours.Ce procédé fut à l'époque complètement révolutionnaire face au célèbre Daguerrotype de Louis Jacques Mandé Daguerre.

Talbot à commencé par l'étude de "la camera obscura", la chambre noire qui permettait aux peintres du dix-huitième siècle de réaliser des croquis par décalque. Son idée alors est de faire en sorte que l'image s'imprime d'elle même.

Pour cela il utilise des papiers trempés dans une solution de sel de cuisine, en les séchant puis en les plongeant dans une solution de nitrate d'argent il obtient des images latentes. Par contact on obtient des images qu'il lave à l'eau salée mélangé avec de l'iodure de potassium. Il n'arrive cependant qu'à reproduire des images négatives

C'est en 1840 qu'il découvre le principe de l'image négative-positive, nous avons retrouvé son procédé dans le "nouveau manuel de photographie de MANUELS-RORET" qui date de 1862.

Il nomme son procédé le calotype du grec Kalos, beau et Typos, impression.

Certains produits chimiques utilisent l'ancienne nomenclature, nous recherchons les correspondances actuelles afin de réaliser un calotype respectant le procédé original.

 

Préparation et usage du papier calotype, de M. Talbot

 

Les objets nécessaires à la préparation du papier calotype sont :

1° Deux assiettes profondes, ou deux cuvettes de porcelaine.

2° une cuvette de verre.

3° Une éprouvette graduée.

4° Du papier brouillard et plusieurs pinceaux fins et doux.

5° Du papier à lettre glacé. (On aura soins d'examiner ce papier par transparence; s'il était parsemé de grumeaux ou que sa texture ne fût pas bien égale, il ne pourrait servir. On rejettera les feuilles portant le nom du fabricant, ou bien on les coupera de manière à bien enlever la marque qui produirait une tache au milieu de l'épreuve. On ne saurait apporter trop de soins au choix du papier.)

6° Des préparations liquides au nombre de cinq, dont je vais de suite indiquer la composition.

N°1 : Solution de 100 grains (6 gr 48) de nitrate d'argent cristallisé dans 6 onces (170 gr ) d'eau distillée.

N°2 : Solution de 500 grains (32 gr 40) d'iodure de potassium dans un litre d'eau.

N°3 : Solution de 100 grains (6 gr 48) de nitrate d'argent dans 2 onces (58 gr ) d'eau distillée ; ajouter à cette solution un sixième de son volume d'acide acétique concentré.

N°4 : Solution saturée d'acide gallique cristallisé dans de l'eau distillée (on peut remplacer la solution d'acide gallique par de la teinture de noix de galle étendue d'eau, néanmoins on doit préférer la première substance. L'eau dissout une très petite quantité d'acide gallique.).

N°5 : Solution de 100 grains (6 gr 48) de bromure de potassium dans 8 ou 10 onces (environ 250 gr) d'eau distillée.

Tous ces liquides seront placés dans des flacons bouchés à l'émeri et placés, autant que possible, à l'abri de la lumière.

 

Préparation du négatif

 

Quand on a fait le choix du papier dont on veut se servir, on trace sur un des angles au crayon une trace pour reconnaître plus tard le coté sur lequel ces préparations ont été appliquées; puis au moyen d'un pinceau bien doux, on lave un des côtés avec le liquide N°1, en ayant soin de faire le moins de reprises possible, et de ne pas croiser des traits; on place alors le papier à quelque distance du feu ou bien d'un endroit obscur pour le faire sécher. lorsqu'il est sec, on le trempe dans la solution N°2, où on le laisse séjourner environ une ou deux minutes; on le trempe ensuite dans un vase plein d'eau, et, après avoir absorbé la plus grande partie de l'humidité, on le fait sécher spontanément ou devant le feu. Bien que ce papier soit à peine sensible à l'action lumineuse, il faut néanmoins le conserver à l'abri de la lumière dans un portefeuille. Il est inaltérable, pourvu que l'on ne l'expose pas au jour; il est même prudent de faire toutes ces opérations à la lumière d'une bougie.

Pour éviter toute erreur, nous nommerons le papier ainsi préparé, papier ioduré; il doit avoir une teinte bien égale et d'un rose très pâle.

Quand on veut faire une épreuve, on fait un mélange à parties égales des solutions 4 et 3, mais il ne faut en préparer que la quantité nécessaire à l'expérience, parce que ce mélange s'altère promptement. On obtient ainsi un gallo-nitrate d'argent que l'on étend sur le papier ioduré avec un pinceau, en prenant les mêmes précautions que dans l'opération précédente. Quand on a laissé reposer la feuille de papier pendant une demi-minute, on la trempe dans l'eau dont on absorbe la plus grande partie au moyen du papier buvard, et enfin on le fait sécher doucement en le plaçant à une assez grande distance du feu.

Toute cette seconde partie de l'opération doit être faite à la lueur d'une bougie. Lorsqu'on veut obtenir une épreuve immédiatement, il est inutile de faire sécher le papier au feu, il suffit de l'éponger avec le papier buvard. Quand il a complètement séché il ne garde sa sensibilité à la lumière que quelques heures, aussi il ne faut pas tarder à en faire usage.

 

Exposition du négatif

 

Pour exposer le papier à l'action lumineuse dans la chambre obscure, il faut, lorsqu'on l'emploie humide, remplacer la planchette par une ardoise qui le fera adhérer.

La durée de l'exposition variera de cinq secondes à deux minutes, suivant la couleur de l'objet et l'intensité de l'éclairage. Lorsque cette partie de l'opération est terminée, il n'existe sur le papier aucune trace de l'image; pour la faire paraître, il faut laver la feuille de papier avec un pinceau trempé dans le gallo-nitrate d'argent, et l'exposer à la chaleur d'un feu doux pendant un temps qui peut varier de quelques secondes à deux minutes; on voit les traits se former peu à peu, et prendre une teinte brune ou noire; c'est alors qu'il faut soustraire l'image à l'action du calorique.

Pour fixer l'épreuve, on la trempe d'abord dans l'eau, et après l'avoir séché en partie avec un papier buvard, on la lave avec la solution de bromure de potassium N°5, et, après un dernier lavage à l'eau, on la sèche définitivement. Une forte solution de sel commun peut être substituée au bromure de potassium, mais avec moins d'avantage.

Il est très important que cette dernière opération soit réalisée dans une pièce éclairée par une faible bougie, ou mieux encore par une lanterne garnie de verres jaunes.

L'épreuve que l'on obtient par ce procédé est négative, c'est à dire que les parties blanches des objets sont représentées en noir et vice-versa ; mais, avec cette épreuve ont peut obtenir un nombre illimité dont les ombres et les clairs seront parfaitement conforme aux objets de la nature.

 

Obtention du positif

 

Pour cela il suffit d'appliquer l'épreuve négative sur une feuille de papier photogénique, de les placer ensemble sur une planchette et de les recouvrir d'une glace qui les maintienne immédiatement en contact, puis de les exposer à la lumière jusqu'à ce que la seconde épreuve soit formée, ce qu'on peut vérifier en soulevant les angles du papier ; mais il faut d'abord augmenter la transparence de l'épreuve négative. Voici le procédé que Monsieur Talbot emploie habituellement :

Il râpe de la cire vierge sur le revers de l'épreuve, et après l'avoir placé entre deux feuilles de papier blanc, il promène sur le feuillet supérieur un fer chaud à repasser jusqu'à ce que la cire fondue ait pénétré le papier de l'épreuve, que l'on peut employer aussitôt que la cire est bien refroidie.

Quand on a pris ainsi plusieurs contre-épreuves, l'original perd quelquefois un peu de sa vigueur, mais il suffit pour la lui rendre, de le laver avec le gallo-nitrate d'argent, de le chauffer, de le fixer de la manière indiquée précédemment. On pourrait obtenir les épreuves sur papier calotype, mais M.Talbot recommande de les faire sur papier photogénique ordinaire préparé de la manière suivante.

 

Préparation du support positif

 

Dissoudre 25 grains (1 gr 62) de sel commun dans 1 once (28 gr) d'eau distillée, laissez-y tremper le papier pendant quelque temps et placez le ensuite entre plusieurs feuilles de papier buvard; dissoudre ensuite 90 grains (5 gr 84) de nitrate d'argent cristallisé, dans 1 once (28 gr) d'eau distillée, et, avec un pinceau, étendre ce liquide sur le papier; sécher un peu, passer une seconde couche de nitrate, et enfin sécher complètement.

On peut se servir d'un autre papier photogénique, qui donne de meilleurs résultats et dont la préparation est moins difficile: dissoudre 100 grains (6 gr 48) de bromure de potassium dans une once (28 gr) d'eau distillée, y tremper le papier, et le placer entre plusieurs feuilles de papier buvard; quand il sera presque sec, étendre sur une de ses faces une solution de 100 grains (6 gr 48) de nitrate d'argent dans une once (28 gr) d'eau distillée, et faire sécher dans un endroit obscur. On augmente la sensibilité de ce papier, en y passant une seconde couche de nitrate d'argent.

On fixe les épreuves obtenues sur ces papiers, de la même manière que les images formés sur le papier calotype.

Les résultats obtenus sont aussi bon qu'avec l'autre procédé, mais bien plus rapides car plus sensibles.

 

Procédé Talbot de 1841.

Sommaire Appareils de collection Modes d'emploi Galerie photo Ventes liens Forum collection Contact